Communication publique, communication numérique, internet et réseaux sociaux, nouvelles technologies, management, marketing territorial, fonction publique, collectivités locales…

Imprimer

Court, chaud, partagé, le café au travail

Écrit par Yann-Yves Biffe.

Le café est-il un outil de travail ? Au-delà de ses qualités organoleptiques, c'est un support majeur à l'échange d'informations, au bien-être et à la convivialité attendus au bureau. Car un agent épanoui est un agent motivé donc productif... ce qui pousse à encourager les rapports amicaux et la personnalisation du cadre de travail, dans les limites du raisonnable.

La question des risques psycho-sociaux et du mal être au travail est de plus en plus prise en compte dans les organisations et en particulier dans les collectivités locales. Pour réduire ces menaces, sur les personnes et sur la productivité par ricochet, pourquoi ne pas s'appuyer sur tous ces aspects positifs qui font le sel de cette vie de « bureaulier » ? (« Ah, vous voulez dire buraliste ! -Mais non ! Buraliste c'est celui qui bosse dans un tabac... » Le Père Noël est une ordure).

TNS Sofres a réalisé une étude pour la société Bruneau, sur 600 salariés travaillant en bureau en France, interviewés par internet en janvier 2013. On peut en tirer des enseignements pour la fonction publique (28 % des salariés en bureau relevant de l'administration publique selon l'étude) et pour la communication territoriale dans la mesure où, si on y court tout le temps, on est cependant appelé à se poser de temps en temps dans ou derrière un bureau.

Ca donne à limiter les réunions

Au bureau, l'ambiance n'est pas à la sinistrose même si des difficultés sont identifiées : « trop de travail trop de stress, l'imprévu qui oblige à rester tard, la hiérarchie, les conflits entre services, le PC qui plante et autres problèmes techniques ».

La « réunionite » semble être la maladie n°1 de la vie de bureau. 65 % estiment qu'1 réunion sur 2 n'est pas utile, 80 % ont déjà eu l'impression de perdre leur temps en réunion (87 % dans les grandes entreprises). Alors 44 % ont déjà fait autre chose que de suivre le fil de l'ordre du jour : piquer des fous rire à 41 %, préparer la réunion suivante à 31 %, discrètement regarder ses mails à 29 % (42 % chez les cadres)...
Sans surprise, le meilleur endroit perçu pour faire une réunion informelle est la caféteria à 43 %, dans le couloir à 13 % et le coin fumeur à 11 %.
En cas de coup de stress, 22 % font une pause, 13 % fument une cigarette, 11 % vont se plaindre auprès de leurs collègues qui les réconfortent (17 % chez les moins de 35 ans), 8 % un proche hors de l'entreprise, 9 % mangent du chocolat.

Ca donne à encourager la dynamique de groupe

Le collectif est la réponse aux difficultés et le sel de la vie de bureau.
74 % des salariés de bureau trouvent qu'il y a une bonne ambiance dans leur entreprise, 68 % considèrent que l'ambiance est « aux éclats de rire », taux qui passe à 78 % dans les entreprises de moins de 50 salariés. Seuls 11 % trouvent qu'il y a une mauvaise ambiance.
62 % sont motivés et contents d'être là (73 % chez les cadres et 72 % en petite entreprise)... et parmi les salariés travaillant dans les éclats de rire, 81 % sont motivés. La motivation à travailler est donc liée à l'ambiance générale... et trop se focaliser sur le travail réduirait l'envie de travailler. On peut en déduire que les manager ont intérêt à favoriser une bonne ambiance et des échanges amicaux entre collègues. La difficulté étant de gérer un bon équilibre entre une ambiance détendue et une ambiance trop détendue où le travail passe pour quantité négligeable !
56 % tutoient leur manager (65 % dans les entreprises de plus de 200 salariés, 64 % chez les cadres, 63 % chez les hommes et 48 % chez les femmes), 76 % plaisantent avec lui. 18 % boivent des verres avec lui après le travail.
60 % ont rencontré au bureau des personnes devenues des amis. 13 % ont déjà découvert une histoire d'amour entre collègues, et 12 % ont eux mêmes vécu une histoire d'amour avec un ou une collègue.

Les moments préférés partagés avec les collègues sont le café du matin à 62 %, la pause déjeuner à 56 % et les discussions de couloirs à 53 %, avant les pots à 42 % et les pauses de l'après-midi à 35 %. Les sorties le soir entre collègues ne recueillent que 11 %.
Dans les rituels, le bonjour à tout le monde dans le service est partagé par 94 % des répondants, quand 73 % prennent le café avec leurs collègues et 58 % écoutent leurs collègues raconter leur soirée de la veille (71 % chez les moins de 35 ans et 65 % chez les salariés motivés). 48 % font leur to do list de la journée et 12 % lisent leur horoscope en arrivant. Est-ce qu'il leur conseille de se mettre au boulot ?...

Le soir, 79 % disent au revoir à tout le monde, 76 % rangent leur bureau et 30 % font la to do list du lendemain (espérons que ce ne sont pas les mêmes qui en refont une le matin suivant).
Le bureau, c'est aussi le lieu où on prépare la vie dehors : 88 % échangent des bons plans loisirs : 48 % les bons restos, 45 % les idées de sorties, 44 % les lieux de vacances. 42 % échangent des bons plans pratiques : promos, médecins, garagistes, nounous, dentistes...

Cependant, les collègues n'ont pas que des qualités et la symbiose peut vite se dégrader. Le pire cauchemar, c'est un voisin de bureau qui a des problèmes d'hygiène à 32%.

On peut partager ses problèmes, mais là aussi il faut doser : le 2è cauchemar, c'est le collègue qui se plaint pour 29 % des sondés, le trop bavard à 11 %, qui parle trop fort au téléphone à 9 %, qui étale sa vie personnelle à 8 %, qui raconte des blagues nulles à 4 %. Sur ce point, le taux monte à 8 % dans les administrations publiques : y a-ton moins le sens de l'humour ou plus besoin de finesse ?

Ca donne à préserver un espace personnel

L'agent de bureau, pour son bien-être personnel, recherche le confort et tout particulièrement la bonne température.
Le bureau idéal contient un bon fauteuil pour 70 % des sondés, une imprimante à proximité pour 42 % et un grand écran d'ordinateur pour 39 %. L'astuce la plus utilisée pour se sentir bien dans son espace de travail, c'est la bouilloire pour le thé ou café à 24 %, le ventilateur à 23 % et une lampe pour voir clair à 20 % (respectivement 33 % et 28 % dans les administrations publiques), un plaid pour avoir chaud à 19 %, un radiateur à 13 %...
Les salariés de bureau personnalisent leur espace en ajoutant des accessoires : 48 % un calendrier, 41 % des fournitures de bureau, 39 % une tasse de chez soi, 23 % des gâteaux ou bonbons, 22 % des photos personnelles, 15 % des éléments de déco, bibelots, souvenirs, 15 % des posters, cadres, cartes postales (22 % dans l'administration publique), 8 % des dessins d'enfants, 6 % des dessins humoristiques. 48 % personnalisent leur fond d'écran d'ordinateur, avec des photos de paysages à 40 %, des photos de voyages à 15 % et de famille à 14 %, l'animal de compagnie suivant à 8 %. Enfin, 32 % écoutent de la musique en travaillant, taux qui monte à 43 % chez les 18-24 ans pour décroître avec l'âge.

En conclusion, le café, parce qu'il réchauffe et ouvre la parole, est un outil stratégique dans le pilotage de l'organisation. Doit-il être rattaché à la com interne, à la DRH ou à la DG ? Certainement aucun des trois, car il symbolise cet espace de liberté nécessaire pour se sentir bien... et motivé. A condition qu'il soit consommé intense, éventuellement corsé, et plutôt court qu'allongé !

Illustration : Copyright Bruneau

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir