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L'amitié au boulot, c'est pas gagné !

Écrit par Yann-Yves Biffe.

 

Vous avez passé 3 magnifiques semaines à vous la couler douce, dans un endroit assez isolé pour pouvoir dire que le réseau téléphonique était quasi inexistant. Mais ça, c'était avant. Il faut reprendre le collier et vous allez regagner votre place derrière votre ordinateur. Pour cela, arriverez-vous à vous lever ? Et si vos collègues étaient une motivation suffisante pour vous pousser hors du lit ?

 

Ca donne à rester encore un peu couché... juste un peu...

Selon une étude sur le sommeil réalisée pour Withing qui produit des objets de santé connectés, 64 % des Français cèdent au « encore un petit peu » et appuient sur le bouton « snooze » (le rappel de sonnerie) quand le réveil sonne. Pour l'anecdote, sur la durée d'une vie, ça fait un cumul de près de quatre mois de leur vie à appuyer sur le bouton de leur réveil pour retarder l'échéance.

57 % des Français admettent d'ailleurs rester au lit plus de cinq minutes tous les matins. Cela équivaut à près de deux jours par an par personne et plus de 120 millions de journées cumulées pour la France. Qu'attend le gouvernement pour remettre la France debout ?

Certes, Withings considère scientifiquement et médicalement que c'est « un temps pourtant consacré à mal dormir ». Mais, entre nous, ne sont-ce pas les meilleures minutes de notre trop courte nuit ? Même si on est bien d'accord que « ces quelques minutes grappillées au réveil ne sauvent pas la nuit », c'est toujours ça de pris. Car près de 64 % des personnes interrogées se sentent toujours fatiguées après leur nuit de sommeil et seulement 6% s’estiment très en forme. Sans doute parce que les Français dorment moins de 7 heures par nuit, quand l'OMS recommande huit heures.

Pas grave ? Pour vos collègues et votre boss, si ! Plus de 8 Français sur 10 déclarent qu'un mauvais réveil peut ruiner leur journée, ce qui affecte leur moral (54%), leur concentration (40 %) et, plus personnel, leur bien-être (30 %). Et pourtant, pour l'heure, seulement 30 % des personnes interviewées considèrent le sommeil comme un élément essentiel de leur santé...

Allez, ce soir on se couche tôt !

Au fait, vous avez remarqué comme on peut prononcer cette phrase le matin et l'avoir complètement oubliée le soir venu ?...

 

Ca donne à miser sur les collègues de bureau

Il faut donc une bonne dose de motivation pour quitter son lit le matin ! D'où peut-on la tirer ? Du travail ? LinkedIn a trouvé une autre raison dans son étude Relationships @Work menée dans 14 pays auprès de 11500 salariés entre 18 et 65 ans. Il s'agit des collègues !

Sous le travail, l'amitié ! Selon l'étude, 46 % des salariés pensent que l'amitié avec les collègue les rend plus heureux au travail et 18 % considèrent que cette amitié améliore leurs performances en les rendant plus ambitieux.

Les chiffres augmentent tout particulièrement chez les plus jeunes, puisque les 18-24 ans disent que l'amitié au boulot les rend plus heureux à 57 %, plus motivés à 50 % et plus productifs à 39 %.

Voilà une bonne raison pour les managers d'encourager les temps de convivialité qui, s'ils coûtent en temps à court terme, augmentent la motivation et la productivité, améliorent le bien-être et diminuent dépressions et maladies professionnelles.

Ce n'est pas une recette miracle pour autant. Avec le temps va, tout s'étiole et il semblerait selon l'étude que l'attrait des collègues diminue avec l'âge. 45 % des 55-65 ans considèrent ainsi que l'amitié avec les collègues n'a pas d'impact sur leurs performances professionnelles. Deux comparaison encore :

  • 49 % des 18-24 ans discutent facilement de leur salaire avec leurs collègues, pourcentage qui tombe à 31 % chez les baby-boomers.

  • 53 % des 18-24 ans sont prêts à partager des « conseils relationnels » avec leurs collègues, pour 23 % des 55-65 ans.

Est-ce un effet de génération comme veut le faire penser LinkedIn ? Même si les « Y » ont tendance à partager plus facilement leur vie perso au travail, ces différences sont plus sûrement liées aux étapes de la vie et à la maturité qui va avec. Il est plus facile de parler salaire avec ses collègues quand on est en début de carrière, en bas de la grille, plutôt qu'après quelques années de négociations salariales ou sur le régime indemnitaire. C'est aussi vers 18 à 25 ans qu'on est le plus demandeurs de conseils « relationnels » (entendre « amoureux »).

Et puis autant regarder la réalité en face. Plus que d'amitié, on devrait parler là de relations conviviales.

Qu'est-ce qui me permet ainsi de douter de la pureté des sentiments de nos collègues de la génération Y ? D'abord, l'expérience : les comités d'entreprises voient leurs activités évoluer fortement, les plus jeunes cherchant de moins en moins à faire des activités extra-professionnelles avec les mêmes personnes qu'elles côtoient toute la journée. Ensuite deux chiffres édifiants tirés de la même étude de LinkedIn : près d'un tiers des 18-24 ans pensent que de bonnes relations sociales avec leur collègues va leur permettre de mieux faire évoluer leur carrière et 66 % des cette tranche d 'âge serait prête à sacrifier une amitié avec un collègue pour une promotion... quand 62 % des 55-65 ans le refuserait ! Ca relative bien la valeur de l'amitié, non ?

Que les relations humaines par rapport au milieu du travail changent, c'est certain, que le numérique ait un impact, aussi, que ce soit différent selon les âges, c'est normal, mais quand LinkedIn titre sur l'amitié plus développée au travail chez la génération numérique (http://www.influencia.net/fr/actualites/tendance,tendances,travail-relations-professionnelles-sont-elles-train-evoluer,4595.html), je trouve ça pour le moins orienté, voire un peu... inexact.

Bon, tant pis pour les collègues alors... Laissez les plus jeunes de vos collègues aller bosser, et finalement, appuyez sur snooze et restez couché !

illustration : Amélie Mahaut

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